Les Raisins des Langues anciennes

D'abord et avant tout le latin ! Mais les chemins buissonniers de nos enseignements nous ramènent, au hasard des thèmes pastoraux au grec ancien lorsque ce n'est pas au Gaulois...

Au sein de l’établissement, c'est donc le latin qui occupe la première place : langue fondatrice, à la fois rigoureuse et féconde, qui forme l’intelligence à la justesse du mot et à la clarté de la pensée. Pourtant, l’étude des Anciens ne peut pas se réduire à une voie unique ; elle passe également par des détours, quand un motif conduit vers le grec ancien, dont la langue épouse avec grâce les réalités scientifiques du monde sensible. Et, plus discrètement, les contours du gaulois reparaissent dans les toponymes de nos campagnes : noms de rivières, de bois et de hauteurs, émergents comme traces de fondations dans le quotidien. Ainsi se tisse une lecture patiente de notre monde francophone, où la nature se traduit en parole et mémoire. Les langues anciennes apprennent alors à reconnaître, derrière les formes, la profondeur d’un héritage : celui des hommes qui ont habité ces lieux, les ont nommés, aimés et transmis. De cette attention naît une connaissance enracinée, qui procède d’abord de l’émerveillement, puis s’affermit par l’étude.