Les Raisins de la Littérature

Les élèves découvrent la puissance et la beauté des paysages et du vivant à travers des lectures variées permettant de développer sensibilité, imagination et capacité à s'émerveiller.

Dans le cadre de la sensibilisation à la nature, les élèves de troisième et de seconde sont conduites à lire des œuvres où la puissance des paysages éveille l’intelligence de l'esprit et du cœur : Regain de Giono, puis Les Cosaques de Tolstoï, de la Haute‑Provence aux âpres hauteurs du Caucase. Ces traversées littéraires, éclairées par l’harmonie antique des Bucoliques de Virgile, font percevoir tout ensemble la beauté du monde et la rudesse d’une vie accordée à la terre. Fidèle à l’éducation intégrale, l’enseignement part de l’expérience sensible et de l’émotion juste, avant de conduire à l’analyse du style et à la compréhension des œuvres. En troisième, le parcours s’élargit de saint Augustin à Romain Gary, de Bazin au lyrisme médiéval et romantique, jusqu’aux univers de Balzac et de Tolkien, où la nature va du quotidien au merveilleux. En seconde, les accents celtiques (de Chrétien de Troyes à Sylvain Tesson) dialoguent avec Du Bellay, Péguy et la grande fresque de Sigrid Undset. Dès la sixième et la cinquième, Jules Verne ouvre les horizons, puis Julie Lavergne et Régine Pernoud apprennent à lire, dans les « fleurs » du patrimoine comme dans le rythme des saisons médiévales, la beauté du vivant et le sens d’un héritage.
Concours de la DRAC 2026
Les Raisins de la LittératureLes Raisins de l'Imaginaire

Concours de la DRAC 2026

Pour la Deuxième année, nos élèves ont participé au sujet du concours écrit de l'association DRAC. Et pour la deuxième fois nous avons envoyé le texte de notre élève qui avait remporté le prix l'année dernière et qui s'est vue de nouveau désignée lauréate. Le thème de cette année, "la joie de connaître" a permis à nos jeunes autrices de composer sur le sujet suivant : « On dit parfois que la curiosité est un vilain défaut. Cependant elle peut conduire à de belles découvertes. Vous avez, vous aussi, connu la joie de découvrir et de connaître ; racontez-nous. » Vous pouvez découvrir les récits de nos élèves ci-dessous ou en copie sur la numérisation des manuscrits joints. Texte 1. On dit souvent que la curiosité est un vilain défaut, mais est-ce toujours le cas ? Parfois, elle peut aussi être source de découvertes et d'émerveillement. Nous avons tous connu cette joie de connaître et d'apprendre ; tous, nous en avons plusieurs expériences. Le récit qui va suivre va peut-être en réveiller quelques-unes dans votre esprit. C'était un jour de grand soleil, une petite brise faisait frémir les feuilles, annonçant l'arrivée du printemps. Aucun nuage ne couvrait le ciel, et, à l'ombre des pommiers coulait une petite rivière. J'ai toujours été intriguée par ce coin du verger ; mais cette fois, je m'y suis glissée et je disparus derrière les troncs d'arbres. Je m'enfonçais petit à petit dans ce lieu inconnu contemplant ces grands arbres dont la cime me semblait toucher le ciel. Mais soudain, un bruit me fit tressaillir, et je vis à travers les branches, un petit espace illuminé par les rayons du soleil qui semblaient transpercer les feuilles. Après m'être approchée, je découvris d'où venait ce bruit qui tantôt m'avait fait peur. Il provenait de l'eau de la rivière, qui ruisselait entre les galets. Elle était tout aussi pure, aucune algue ne venait troubler sa transparence, elle semblait venir d'un glacier. Le lit de la rivière était bordé d'herbe et de fleurs, de telle façon qu'il me semblait que j'assistais à une procession. Je ne pus détacher mes yeux de ce paradis qui s'offrait à moi. Jamais je n'avais pensé que dans mon verger était caché parmi les arbres fruitiers un véritable trésor de la nature. Depuis, ce fut mon coin favori et je m'y rendais souvent pour admirer ces merveilles de la nature. Ici, la curiosité fut l'objet d'une joie de découverte et de connaître. La citation « La curiosité est un vilain défaut » est partiellement juste. Nous avons une certaine curiosité en nous, mais il faut savoir la contrôler. Elle a un côté qui parfois est un défaut. Être curieux, ce n'est pas être indiscret, entrer dans la vie privée des personnes, les rendre mal à l'aise ou encore, provoquer de l'agitation. La curiosité est très souvent utilisée comme un défaut alors qu'au contraire, elle peut être une très bonne qualité. Nous pouvons la mettre au service de notre apprentissage, en ayant un désir de vouloir comprendre. C'est une belle qualité qui nous donne le goût d'apprendre. Certes il faut la modérer, mais lorsqu'il s'agit du monde, du bon travail, ou qu'elle œuvre à fortifier notre intelligence, il faut qu'elle déborde de tous nos sens. Lorsque nous avons une image, une odeur, un goût, un bruit ou bien une matière sur une leçon ou un objet, nous arriverons mieux à nous l'approprier, à l'acquérir. La bonne curiosité peut et doit être source d'intelligence du monde, d'ouverture à la beauté, du goût d'apprendre, de l'attention au réel, du désir et de la soif de comprendre. Chaque chose, chaque endroit peut faire l'objet de notre curiosité, nous n'aurons jamais fini de les explorer et de les contempler. Mais ce n'est pas forcément que des objets matériels, notre corps peut en faire partie avec nos capacités physiques, notre force, notre courage, mais des choses plus abstraites comme la personnalité, le caractère, notre capacité à discerner sont des immenses forêts que souvent nous oublions de découvrir et de contempler. Alors oui, la curiosité est une chose merveilleuse mais qui souvent est mal utilisée. Elle peut être la source du bonheur et de la réussite mais avant cela, il faut la comprendre et l'utiliser de façon à ce qu'elle produise de la joie et du bonheur, et la clé de ces réussites est bien sûr l'émerveillement. Texte 2. La curiosité est un vilain défaut. Mais d'où vient cette phrase, qui a traversé les pays et les rives ? Est-ce vrai ? La curiosité n'est rien de plus qu'un outil merveilleux qui oriente à volonté vers le bien ou le mal. Pour ma part, je conserve des souvenirs dont m'a gratifiée ma curiosité : en voici un : À mon école, et bien que je sois dotée d'un penchant pour la littérature, il y a quelques mois, je me surpris à m'intéresser vivement aux sciences naturelles, pour ces raisons : le temps était consacré à l'étude du corps humain, de la variété infinie qu'adopte la Nature dans les apparences des êtres, et les paroles du professeur atteignaient si fort mon esprit, elles lançaient, me semblait-il, de minces explications que je voulais ardemment réclamer, et réclamer encore, des causes, des conséquences, des arguments, qui m'étaient chacun une perle, un joyau, une étoile lumineuse au firmament de la science. Même si on m'eût offert la science infuse, ma soif de découvertes n'en aurait pas été apaisée. Si le professeur n'était pas en mesure de répondre à mes questions — qui se heurtaient parfois aux limites de la science actuelle — j'avais recours au monde de l'imaginaire, qui s'étendait infiniment loin, mais ne me satisfaisait pas. Pourtant, quelque part dans le labyrinthe de cette science à demi cachée se trouvaient parfois des réponses, des découvertes, où me poussait mon infatigable curiosité. Lorsqu'un mystère était résolu, il se dépouillait de toute rumeur et aussitôt une réponse entraînait d'autres questions. La découverte me remplissait d'une joie neuve, d'une satisfaction qui allaient croissant et me poussaient à d'autres conquêtes. Après l'étude de nos cellules, des trésors que chacune renferme, furent abordés d'autres domaines : la géologie, l'histoire de la vie. La découverte est une chose indescriptible : si je devais parler de cette merveille, je dirais d'elle toute sa pleine beauté, ce passage des ténèbres à la vérité lumineuse, ce déchirement d'un voile obscur n'étant pas toujours conscients et sensibles. Qu'a ressenti Christophe Colomb, lorsque, après des mois passés sur l'Océan hostile, la brume marine s'est soulevée, lui révélant la terre ? À une échelle plus humble, certes, j'éprouvais, et l'éprouve encore les mêmes sentiments : la découverte, c'est repousser toujours plus loin ses limites et celles de l'inconnu. Après tant d'efforts, quelle récompense sublime que de comprendre par soi-même une parcelle même infime de la science ! Après les efforts intellectuels que je dus faire pour arriver à ces résultats de découverte, une satisfaction intense vint colorer mon travail, une joie pure, légitime, saine, une extase sans pareille devant la puissance, la richesse, la force, la splendeur sans faille de la Nature, surtout la fierté d'avoir acquis par moi-même, grâce à la curiosité, une modeste part de cette richesse féconde dont peuvent être riches les plus misérables : la Science. Cette joie suprême me donna un goût profond pour l'étude. Tant de domaines encore inexplorés tant ils me paraissaient ingrats perdirent leur aridité : de la science naturelle à la littérature, en passant par les mathématiques, les langues étrangères et l'Histoire de notre belle France, le même désir d'apprendre m'anima dès ce moment. Que ne donnerait-on pas, en effet, pour connaître, ne fût-ce qu'un court instant, la satisfaction que donne la connaissance ? Ce bonheur est le plus doux qui existe. Ce n'est pas une joie malsaine, orgueilleuse, vaine, la joie d'avoir surpris un secret ne nous appartenant pas ; mais le sentiment que j'ai ressenti était en réalité la conscience d'avoir donné le meilleur de moi-même pour découvrir quelque chose. Après cela, n'est-ce pas une injure que de traiter catégoriquement la curiosité de ce « vilain défaut » ? Cette chose, toute abstraite qu'elle est, est concrètement ou bien un instrument du Mal, ou bien la porte du Bien. Texte 3. Qui dit que la curiosité est un vilain défaut ? Certes, parfois elle se manifeste par de l'indiscrétion en voulant savoir ce qui ne nous regarde pas, mais souvent la curiosité c'est une soif de découvrir, un goût d'apprendre et aussi d'être attentif au monde qui nous entoure. Un jour, je décidai de partir en randonnée. Quoi de mieux que la Dombes et ses innombrables étangs ? Je partis donc à l'aventure. Je marchais. J'étais émerveillée par la beauté du paysage. J'entendais plein d'oiseaux. Le sentier était magnifique, bordé par de grands arbres touffus. J'étais seule. Cela faisait déjà quelque temps que je marchais. J'avais emprunté un petit sentier. Je ne savais pas où j'allais. Je voulais simplement découvrir la Dombes. Je m'enfonçais de plus en plus dans la forêt où tout devenait plus sombre. C'est à peine si je voyais le ciel, mais cela n'enlevait rien au charme de ce paysage, de cette promenade. Des oiseaux volaient autour de moi. À ce moment, je vois un toit. Ce n'était pas possible. Dans un coin aussi retiré, il ne pouvait pas y avoir d'habitation. Non, j'avais dû rêver. Tout de même, ma curiosité me poussa à me rapprocher. Je voulais savoir ce qui se trouvait à cet endroit. Non, je ne rêvais pas. Il y avait ici une petite église. Elle était abandonnée. Je regardais autour de moi à la recherche d'une présence mais j'étais bien seule. Je fis le tour de la petite chapelle et je vis un panneau tout couvert de mousse. Je le nettoyai pour voir ce qui était marqué. C'était certainement l'histoire que je voulais découvrir au plus vite. La chapelle datait du XVIe siècle et à la suite il était écrit le nom des constructeurs, architectes. J'étais heureuse. Ma curiosité n'avait pas été vaine. J'avais trouvé un lieu où je n'imaginais pas une chapelle simple mais qui était magnifique. Ce jour-là, j'ai appris que la curiosité n'était pas exclusivement un défaut. Lorsqu'elle est mise au service du bien, c'est une très grande qualité. Ici ma curiosité m'a permis de découvrir une chose improbable. Elle m'a poussée à un désir de comprendre. Elle m'a ouvert à la beauté. Elle m'a permis d'être heureuse. C'est grâce à la curiosité qu'on peut apprendre parce que l'on veut être éclairé sur un point obscur. On désire connaître ce qui nous entoure. La curiosité est une qualité qui peut nous pousser à faire de grandes choses. Il faut cultiver sa curiosité non en tant que défaut car ce serait mauvais pour nous et pour notre prochain, mais en une qualité qui nous aide à grandir et à faire grandir les autres. Je rentrai chez moi par le même chemin et je fis la découverte de beaucoup d'autres choses que je n'avais pas remarquées à l'aller. Ma curiosité était éveillée et je m'intéressais à tout ce qui m'entourait. Texte 4. Qui a dit que la curiosité était un vilain défaut ? Cette histoire peut nous démontrer que la curiosité peut aussi être une qualité si elle est utilisée avec le désir de comprendre : "En 2019, j'avais sept ans. Pour mon anniversaire, maman avait décidé que ce serait moi qui ferais mon gâteau d'anniversaire. Pour la première fois, j'allais me retrouver devant le livre de recettes. Après avoir feuilleté ce grand livre, j'ai décidé de faire un gâteau au chocolat. Il fut approuvé par maman qui se tenait près de moi. Sur la recette je pus lire les ingrédients suivants : de la farine, du beurre, du chocolat, des œufs, de la levure et du sucre. Décidée, je partis chercher les ingrédients nommés lorsque tout à coup, je me suis demandé d'où venaient tous ces ingrédients. À vrai dire, je ne m'étais jamais posé la question sur la provenance de ces produits. Je n'avais pas la moindre idée d'où pouvaient venir le chocolat, la levure et le sucre. Maman m'expliqua donc, une par une, les provenances de chacun de ces aliments : Sais-tu que la farine provient du blé que plantent les agriculteurs. Lorsque ce blé est mûr, on l'emmène dans un moulin afin qu'il soit réduit en poudre. On tamise ensuite cette poudre afin de séparer le son, coque du blé, de la farine... Le beurre est fait à partir de lait de vache qui est chauffé dans une casserole afin de pouvoir retirer la crème. Cette même crème est ensuite mise dans une baratte pour être battue. Et là, elle est devenue du beurre... Le chocolat vient d'Afrique. Il pousse sur certains arbres une coque qui est ensuite cassée pour récupérer la "pâte" qui est à l'intérieur. Après l'avoir chauffée, mélangée à d'autres produits, elle est enfin transformée en bon chocolat. Le sucre vient des cannes à sucre, comme des branches de bambou, qui sont ensuite pressées, vidées de leur jus, puis ce jus cristallise pour devenir du sucre. Les œufs sont pondus par les poules, mais je crois que tu le savais déjà. La levure est une fermentation, ce sont des champignons qui se répandent sur une surface d'aliment ou de matériel. Ce sont ces champignons qui vont faire gonfler la pâte de ton gâteau." Une fois fini, le gâteau fut dégusté. Papa me félicita car il était très réussi. Mais moi, je savais que je venais de découvrir quelque chose qui était vrai... un moment extraordinaire pour moi : j'ai découvert que sur certains aliments, on opérait des transformations avant de les vendre. Cette histoire peut nous montrer que le savoir-faire exerce : le toucher, l'attention, la concentration qui aide à mieux retenir, la joie de comprendre, l'attention au réel, le goût d'apprendre. Finalement la curiosité est une qualité lorsqu'elle est utilisée dans de bonnes circonstances comme le désir de comprendre. Mais elle peut aussi être un défaut lorsqu'elle est utilisée de manière indiscrète. La curiosité peut être défaut, mais aussi qualité ! Texte 5. J'étais là assise sur le rebord de la fenêtre à balancer mes jambes dans le vide. La nuit était tombée délicatement comme elle en avait l'habitude sur la terre d'Islande, éclairée seulement par le halo pâle de Dame Lune. Un vent froid soulevait comme des caresses de sa main glaciale mes boucles de cheveux, qu'il laissait retomber sur mes épaules après avoir envahi mon cou. Le poussant dans le dos, il me sifflait "Saute, Saute". Je sautais. Il y eut un bruit sourd de mes pieds sur la dalle. J'entrais dans le champ où dormaient les chevaux. Gnivna frémit à mon approche. Son poil était chaud et long. C'était la meilleure jument de mon père. C'était d'ailleurs pour cette raison que j'étais ici. Papa n'avait jamais voulu que je la monte. Depuis tout le temps que je me blottissais dans son port fauve, que je coiffais sa crinière épaisse pour les jours de fête, que je lui murmurais des mots doux le soir à ses petites oreilles dressées, il avait pourtant bien trop peur que je ne me prenne un coup de ses sabots puissants, que je ne me blesse la main en lui donnant le blé mûr entre ses dents luisantes. La lune me regardait. Son rond visage me souriait. Gnivna ne broncha pas. En quelques minutes j'avais quitté les douces remontrances paternelles pour me laisser entraîner par la seule idée grisante d'être seule. Ou plutôt d'être seule avec Gnivna, la lune, le vent et les volcans de la terre qui m'avait bercée. Je connus rarement un moment aussi joyeux dans mon existence que de briser l'interdit et de découvrir ce qu'il y a derrière. Gnivna m'emportait loin et vite. Je fermais les yeux, humectais mes lèvres sèches, resserrais mes doigts tremblants d'excitation sur la crinière blonde et rassurante. Ma jument s'arrêta essoufflée au pied du grand volcan de l'île. Tout fut étrange soudain. La journée il y avait le soleil, trop puissant et inquisiteur pour qu'on le regarde, il y avait les geysers qui sortaient, tels des feux d’artifices, des plaines caillouteuses. Il y avait les clapotis et les bulles des rivières chaudes où j'aimais me baigner. Il y avait les oiseaux qui passaient et repassaient dans le ciel, il y avait l'herbe mousseuse et verdoyante qui habillait le pan des volcans. Et maintenant... Il y avait la lune, pâle et discrète qu'on pouvait voir nous sourire. Il n'y avait plus les geysers grandioses et orgueilleux mais seulement de petits gloutonnements semblables à un ogre qui s'endort. Il n'y avait plus de bulles et de clapotis sur la rivière mais seulement le murmure de la douce chanson des demoiselles de l'eau. Il n'y avait plus d'oiseaux qui virevoltaient dans le ciel bleu, mais une chouette blanche qui tournait en rond dans le ciel sombre parsemé d'étoiles. Alors je me sentis mal à l'aise. J'avais l'impression d'être entrée dans un endroit secret sans en avoir eu l'autorisation. Gnivna ne bougeait plus, elle regardait. Moi non plus je ne bougeais pas, je n'osais pas même respirer tant j'étais impressionnée. Je me sentais terriblement indiscrète. Il me semblait que j'avais comme... violé le lieu par ma présence désinvolte. Pourtant la lune me souriait toujours, le vent me caressait encore les cheveux. Lentement je pris la bride de ma jument. Je prendrais toute la nuit s'il le fallait mais je reviendrais à la maison doucement. Je voulais prendre le temps de contempler le spectacle que la nature m'avait offert cette nuit-là. Cela restera, c'est sûr, un secret bien gardé entre moi, Gnivna, la lune, le vent et le grand volcan. Texte 6. La curiosité, c'est vouloir savoir quelque chose sans que cela nous regarde. C'est une forme d'indiscrétion et celle-ci a du mauvais comme du bon, suivant le cadre où nous sommes. Cette curiosité peut nous être bénéfique comme elle peut aussi nous nuire. Elle est d'ailleurs souvent qualifiée de vilain défaut. Nous analyserons dans un premier temps la curiosité sous sa forme obscure et définie de vilain défaut, puis en second temps celle de la découverte et la joie de connaître. La curiosité n'est pas toujours bonne, elle peut nous faire savoir des choses qui pourraient nous blesser intérieurement ou même nous gâcher une surprise. C'est de l'indiscrétion que d'écouter une conversation qui ne nous regarde pas. C'est aussi de la politesse que de ne pas écouter les personnes où nous ne faisons pas partie de la conversation. La curiosité peut nous faire connaître des faits qui sont superficiels à notre égard. Nous n'avons pas besoin de connaître tout de tout le monde et de tout ce qui se passe. C'est alors pour ça que nous la traitons de vilain défaut. On commet une faute lorsque nous apprenons un fait par curiosité. Avec elle nous pouvons apprendre de fausses vérités, puis par cela nous pouvons faire de faux témoignages, ce qui est totalement interdit. On peut aussi faire courir de fausses rumeurs sur une personne et celle-ci, désespérée des faux dires sur elle, peut alors se suicider par désespoir et ce sera de notre faute qui est à la base la curiosité. Mais celle-ci peut faire aussi l'effet inverse, elle peut être pour nous une manière de découvrir le monde comme dans le livre de Kells avec Brendan. C'est grâce à sa curiosité de la découverte du monde qu'il va pouvoir créer de magnifiques choses. La curiosité peut être aussi définie par le désir de comprendre, le goût d'apprendre : c'est aussi une ouverture à la beauté du monde. Cette curiosité peut nous être très instructive. Avec elle on peut découvrir des choses que l'on a toujours voulu savoir, comme par exemple un enfant dont la mère va accoucher sous X, il va avoir ce désir de la retrouver, il va avoir la curiosité de faire des recherches afin de pouvoir la retrouver. Nous pouvons aussi grâce à elle découvrir de nouvelles choses ainsi que des médicaments pour soigner, de nouvelles plantes, de nouvelles terres comme la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb en 1492. La curiosité peut alors nous amener à la joie de vivre car on ne cessera jamais d'être curieux peu importe qui nous sommes. Cher lecteur, lequel de ces six textes auriez-vous retenu ? Le récit lauréat est le deuxième de la liste.

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La nature dans les Regrets du poète du Bellay
Les Raisins de la Littérature

La nature dans les Regrets du poète du Bellay

Comment l’émerveillement devant la nature se traduit-il dans les regrets ? Dans Les Regrets, l’émerveillement devant la nature relève d’abord du lyrisme : il exprime une expérience intérieure (souvent l’apaisement, la mémoire, le désir du “chez-soi”). Mais cet émerveillement prend aussi valeur de contrepoint satirique : la nature, par sa vérité simple, met en accusation implicite le monde des apparences (Cour, intrigues, vanités). La singularité de Du Bellay est d’inscrire cette double dynamique dans une écriture volontairement sobre, selon sa formule d’une poésie proche d’une “prose en rime” : une parole qui vise moins l’ornement que la justesse. 1) Un lyrisme de l’exil : nature nostalgique et consolatrice L’émerveillement n’est pas une fête permanente : il est coloré par l’exil. La nature aimée est souvent celle du pays natal, donc retrouvée par la mémoire, idéalisée par l’absence. Elle devient : • nostalgie : la beauté du paysage se confond avec le regret d’un ordre perdu (simplicité, paix, fidélité) ; • consolation : face à l’ennui et à l’usure morale du séjour lointain, la nature offre une mesure, un repos, une « vérité » sensible. Ainsi, la nature est moins un décor qu’un refuge intérieur : elle permet au « je » de se reconstituer. 2) La simplicité comme esthétique : dire vrai plutôt que briller Du Bellay cherche une diction plus directe, plus proche de la parole ordinaire élevée par le vers : d’où l’idée de « prose en rime ». Concrètement, cela se traduit par : • un lexique concret (choses, lieux, sensations), qui produit un effet de présence ; • des comparaisons simples (souvent plus persuasives que l’ornement précieux), qui privilégient le “vrai” éprouvé ; • une syntaxe fluide, parfois ample, qui ressemble à une phrase de prose mise en vers : on suit la pensée, on entend la voix. Cette obriété s’oppose à une poésie uniquement décorative : la beauté vient de la justesse (sentiment + mesure), non de l’accumulation d’effets. 3) Une musicalité discrète : peindre et faire entendre le paysage Même dans la simplicité, la nature est travaillée par la forme : • allitérations/assonances : elles accompagnent la douceur, le souffle, l’étendue, sans recherche de virtuosité gratuite ; • alexandrin “déployé” : sa longueur permet d’étendre le regard (perspectives, horizons) ; la césure organise une respiration qui peut mimer la contemplation ; • rythme : un rythme plus lent, plus coulant (phrases étirées, enjambements possibles) donne l’impression de continuité et de calme. On obtient une poésie à la fois simple et construite : une simplicité conquise par la technique. 4) La satire en contrepoint : la nature comme critique implicite de la Cour La nature ne sert pas seulement à consoler : elle dénonce par contraste. En montrant un monde naturel sans masque (saisons, lumière, cycles), le poète révèle la fausseté d’un monde social gouverné par : • l’apparence, la flatterie, l’intérêt ; • l’agitation stérile et la comédie des rôles. Le procédé est satirique sans être forcément « comique » : c’est une satire par opposition (nature = mesure, vérité ; Cour = artifice, instabilité). L’émerveillement devient alors un jugement : ce qui est beau et simple apparaît comme ce qui est bon à préférer. Bilan Dans Les Regrets, l’émerveillement devant la nature est souvent nostalgique et consolateur : la nature du pays natal devient un lieu de mémoire et une norme de vérité. Par l’ampleur de l’alexandrin, les images de saisons/lumière et une musicalité travaillée, Du Bellay produit une poésie moins décorative que juste, où la célébration du naturel sert aussi, par contraste, une critique du monde des apparences. <i>Sandro Boticelli, Le printemps, tempera et plâtre sur bois, vers 1480</i>

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La nature dans la Tragédie au Grand Siècle
Les Raisins de la Littérature

La nature dans la Tragédie au Grand Siècle

6. La nature : un décor rarement montré, mais très présent par la parole. Dans le théâtre classique français, la nature apparaît peu comme décor réel : les règles (notamment l’unité de lieu) et les usages scéniques privilégient des espaces stables et « nobles » (palais, antichambre, temple, salle du trône). Les changements de lieux et les paysages (mer, forêt, campagne, champs de bataille) sont donc le plus souvent hors scène. En revanche, la nature occupe une place importante dans les récits rapportés et dans l’imaginaire du spectateur : • Rendre visible l’invisible : les récits (de messager, d’un confident, d’un personnage) « font entrer » sur scène des événements extérieurs (voyage, fuite, tempête, nuit, bataille) que l’on ne peut pas montrer sans rompre les bienséances ou la vraisemblance. • Créer une atmosphère : la nuit, l’orage, la mer, le feu, les ténèbres, le soleil, les vents servent à installer une tonalité (menace, fatalité, secret, urgence). • Refléter les passions : la nature devient un langage indirect des émotions (tempête = trouble intérieur, feu = passion, chaînes = contrainte, nuit = désespoir ou crime). Cette « nature imagée » amplifie la tension tragique. • Ancrer l’action dans le temps et l’espace : mentions de l’aube, du soir, d’un port, d’un rivage, d’un tombeau, d’un camp… Elles renforcent l’impression de réalité tout en respectant la scène unique. Ainsi, dans la tragédie classique, la nature est moins un décor à voir qu’un décor à entendre : elle existe surtout par la puissance évocatrice du vers et par les récits, qui étendent l’espace dramatique bien au-delà du lieu unique de la représentation. <i>Illustration : Les Adieux d'Hector à Andromaque - Johann Heinrich Wilhelm TISCHBEIN, 1812. huile sur toile, détail</i>

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Matinée d'hiver pour prolonger Bounine
Les Raisins des Langues vivantesLes Raisins de la Littérature

Matinée d'hiver pour prolonger Bounine

Dans le prolongement du corpus Récit d'enfance et de jeunesse, les élèves ont été invitée à apprendre le poème de Pouchkine "Matinée d'hivers", poète auquel l'extrait étudié de Bounine faisait échos Зимнее Утро Matinée d’Hivers Мороз и солнце ; день чудесный ! Еще ты дремлешь, друг прелестный – Пора, красавица, праснись : Открой сомкнуты негой взоры Навстречу северной Авроры, Звездою севера явись ! Gelées et soleil, quel jour merveilleux ! Tu sommeill’encor, ami délicieux1 – Il est temps ma belle, qu’enfin tu t’éveilles : Que s’ouvrent tes yeux finement fermés Devant l’étoile dite du Berger, L’aube boréale appert émerveille. Вечор, ты помнишь, вьюга злилась, На мутном небу мгла насилйсь ; Луна, как бледное пятно, Сквозь тучи мрачные желтела, И ты печалная сидела – А нынче… пагляди в окно : Hier, souviens toi, rageaient les flocons, Sur le ciel troublé, brume en tourbillons ; Alors la lune, tache délavée Par l’obscure nue, blême, jaunissait Assise chagrine, telle tu restais – Mais dés à présent… vois par la croisée : Под голубыми небесами Великолепными коврами, Блестя на солнце, снег лежит ; Прозрачный лес один чернеет, И ель сквозь инией зеленеет, И речка подо льдом блестит. Sous les cieux d’azur du grand firmament Splendide et moelleux un tapis s’étend, Brillant au soleil, la neige repose ; La claire forêt seule s’obscurcit, À travers le givre, le sapin verdit Sous glace brillant’, le cours d’eau s’expose. Вся комната янтарным блеском Озарена. Веселым треском Трещит затопленная печь. Приятно думать у лежанки Но знаешь : не велеть ли в санки Кобылку бурую запречь ? En toute la chambr’, jaillit en éclat Des lueurs ambrées. En joyeux fracas Craque dans l’âtre, la lourde brassée. Douceur de rêver lové bien au chaud. Mais sais-tu déjà : dans le prompt traîneau, Si nous retiendrons notre jument baie ? Скользя по утреннему снегу, Друг милый, предадимся бегу Нетерпеливого коня И навесеим поля пустые, Леса, недавно столь густые, И берег, милый для меня. Je glisse dans la neige du matin Et je me livre à la course sans fin Du fougueux cheval, ami agréable, Et nous ne croisons qu’un champ vide et nu, Les bois, il y a peu, étaient bien touffus Et la belle rive m’était agréable. 1829 Александр Пушкин Alexandre Pouchkine 1. Le masculin, utilisé par Pouchkine, est adressé à une femme.

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Œdipe à Colone
Les Raisins de la LittératureLes Raisins du Théâtre

Œdipe à Colone

Dans Œdipe à Colone, la nature, lieu sacré, devient comme une demeure d’accueil. Le vieux roi aveugle, conduit par Antigone, parvient au bois consacré aux Euménides ; l’ombre, les sources, les oliviers, le chant des oiseaux composent un paysage qui impose le respect et appelle au silence. À mesure que le drame avance, ce cadre naturel révèle un ordre plus haut : à la violence de l’histoire répond une paix mystérieuse, et l’exilé trouve enfin une place. La pièce fait ainsi passer de l’émotion tragique à une intelligence plus profonde du destin, de la limite humaine et de l’hospitalité. La beauté du lieu porte la pensée : elle ouvre à une connaissance qui n’explique pas tout, mais qui éclaire et apaise.

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Souvenir de jeunesse...
Les Raisins des Langues vivantesLes Raisins de la Littérature

Souvenir de jeunesse...

En complément à notre corpus documentaire "Récits d'enfance et de jeunesse", nous avons écouter le poème d'Anjela Duval mis en musique "Karantez vro" (L'amour du pays). Ce dernier nous permettant d'entendre de manière lyrique que le jeunesse est un espace-temps de prise de décisions pouvant orienter toute une vie. https://youtu.be/ZH2yj3cdRIc?si=Uf2RHmOabp5QxOz4 Karantez vro (L'amour du pays) est un poème breton d'Anjela Duval (1905-1981) mis en musique par Véronique Autret du groupe Gwalarn. Le poème raconte la blessure de jeunesse au cœur d'une femme qui n'a pas voulu quitter sa Basse-Bretagne pour suivre le marin qu'elle aimait. Lui aimait « les villes, les mers profondes, les pays lointains » alors qu'elle préférait les campagnes de son pays. Traduction : Dans un coin de mon cœur il y a une cicatrice que je porte depuis ma jeunesse. Parce que malheureusement celui que j'aimais n'aimait pas ce que j'aimais. Lui n'aimait que les villes, les mers profondes, les pays lointains et je n'aimais que les campagnes, les campagnes si belles de ma Basse-Bretagne. Il a fallu choisir entre deux amours, l'amour du pays, l'amour de l'être aimé. J'ai consacré ma vie à mon pays et laissé partir celui que j'aimais. Depuis je ne l'ai plus jamais revu, jamais entendu parlé de lui. La cicatrice dans mon cœur est restée il n'aimait pas ce que j'aime. Chacun doit suivre son Destin, Telle est la loi en ce monde Certes mon cœur fut meurtri mais il n'aimait pas ce que j'aime. A lui la richesse , les honneurs ; A moi pauvreté et mépris. Mais je ne troquerais pour nul trésor, Mon pays, ma langue et ma liberté.

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Diaporama d'accompagnement du cours : Ma Tante Giron de René Bazin, entre autobiographie et pastorale
Les Raisins de la LittératureLes raisins de l'Histoire de l'Art

Diaporama d'accompagnement du cours : Ma Tante Giron de René Bazin, entre autobiographie et pastorale

Thème : Se chercher, se construire Chapitre 2e : Quelle place la nature peut-elle prendre dans la construction de soi ? Ma Tante Giron se présente comme un roman à résonance autobiographique où l’enfance se forme sous l’autorité affectueuse d’une tante vigilante. René Bazin y esquisse une pédagogie complète : l’esprit éveillé par les récits, la lecture et l’exactitude des mots ; le corps réglé par le travail, la marche, les tâches du jour ; le cœur discipliné par la bonté, la pudeur, la gratitude; l’âme conduite, sans tapage, par les rites, les saisons liturgiques, les signes du pays chrétien. La nature y sert d’école : chemins, vergers, rivières instruisent autant que les leçons ; ils impriment une morale de patience et de courage. Dans cette perspective catholique, traditionnelle sans dureté, la règle s’allie à la tendresse, et l’exemple vaut mieux que le discours. La narration, simple et pure, laisse au lecteur le sentiment d’une éducation harmonieuse, où la langue, claire et exacte, devient elle-même instrument de formation. <i>Illustration : La chasse aux papillons, Alexandre Averine, XXe-XXIe siècle</i>

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Diaporama d'accompagnement du cours : Les accents celtes de la littérature française, du Moyen-Âge au XXIe siècle
Les Raisins de la LittératureLes raisins de l'Histoire de l'Art

Diaporama d'accompagnement du cours : Les accents celtes de la littérature française, du Moyen-Âge au XXIe siècle

Thème 2 : Le roman et le récit du XVIIIe au XXIe siècle Chapitre 1er : Comment l’émerveillement devant la mystérieuse nature prend-il des accents celtes dans la littérature ? La littérature française, du Moyen Âge à nos jours, s’est souvent nourrie de l’imaginaire celte, où la nature apparaît comme un lieu de mystère et de magie. Forêts, sources et landes deviennent le théâtre d’émerveillements et de rencontres surnaturelles, hérités des légendes anciennes. Explorer cette question, c’est interroger la façon dont la tradition celte a façonné notre regard sur la nature et le merveilleux. <i>Illustration : peinture de l’artiste préraphaélite John William Waterhouse, intitulée La Damoiselle (Lady) de Shalott (1888)</i>

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