Les Raisins des Langues vivantes

Au delà de la la richesses des mondes anglophones et hispanophones, nos enseignements ne manquent pas d'ouvrir les élèves sur d'autres langues et d'autres mondes...

Ainsi, au-delà de l’étude attentive des mondes anglophones et hispanophones, l’enseignement des langues ouvre nos élèves à une pluralité de voix où la nature se révèle. Avec Alice au pays des merveilles, l’anglais les conduit aux frontières de l’imaginaire, là où le jardin devient porte d’entrée vers l’étonnement premier, si proche de l’enfance. À côté, un poème breton, simple comme la terre qu’il chante, ramènera à l’humilité douloureuses des racines, à ce « pays » que l’on porte au cœur comme un héritage. Puis la parole russe, tantôt cristalline avec Pouchkine dans Gelées et soleil, tantôt grave et tendre dans Katiouchka, fait résonner l’appel des vastes horizons boréaux, où la beauté du monde se mêle à la nostalgie des âmes séparées. Ainsi les langues deviennent-elles chemins d’ouverture à d'autres mondes, tantôt suivis, tantôt ponctuels : elles apprennent à voir avant de comprendre, à s’émouvoir avant d’analyser. De l’émerveillement à la connaissance, l’élève avance, guidé par la diversité des cultures autant que par la splendeur de la création. Dans ce dialogue entre poésie et nature, entre paysages et sonorités exotiques, c’est finalement l’esprit lui-même qui s’élève, découvrant que toute beauté illumine le monde
Matinée d'hiver pour prolonger Bounine
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Matinée d'hiver pour prolonger Bounine

Dans le prolongement du corpus Récit d'enfance et de jeunesse, les élèves ont été invitée à apprendre le poème de Pouchkine "Matinée d'hivers", poète auquel l'extrait étudié de Bounine faisait échos Зимнее Утро Matinée d’Hivers Мороз и солнце ; день чудесный ! Еще ты дремлешь, друг прелестный – Пора, красавица, праснись : Открой сомкнуты негой взоры Навстречу северной Авроры, Звездою севера явись ! Gelées et soleil, quel jour merveilleux ! Tu sommeill’encor, ami délicieux1 – Il est temps ma belle, qu’enfin tu t’éveilles : Que s’ouvrent tes yeux finement fermés Devant l’étoile dite du Berger, L’aube boréale appert émerveille. Вечор, ты помнишь, вьюга злилась, На мутном небу мгла насилйсь ; Луна, как бледное пятно, Сквозь тучи мрачные желтела, И ты печалная сидела – А нынче… пагляди в окно : Hier, souviens toi, rageaient les flocons, Sur le ciel troublé, brume en tourbillons ; Alors la lune, tache délavée Par l’obscure nue, blême, jaunissait Assise chagrine, telle tu restais – Mais dés à présent… vois par la croisée : Под голубыми небесами Великолепными коврами, Блестя на солнце, снег лежит ; Прозрачный лес один чернеет, И ель сквозь инией зеленеет, И речка подо льдом блестит. Sous les cieux d’azur du grand firmament Splendide et moelleux un tapis s’étend, Brillant au soleil, la neige repose ; La claire forêt seule s’obscurcit, À travers le givre, le sapin verdit Sous glace brillant’, le cours d’eau s’expose. Вся комната янтарным блеском Озарена. Веселым треском Трещит затопленная печь. Приятно думать у лежанки Но знаешь : не велеть ли в санки Кобылку бурую запречь ? En toute la chambr’, jaillit en éclat Des lueurs ambrées. En joyeux fracas Craque dans l’âtre, la lourde brassée. Douceur de rêver lové bien au chaud. Mais sais-tu déjà : dans le prompt traîneau, Si nous retiendrons notre jument baie ? Скользя по утреннему снегу, Друг милый, предадимся бегу Нетерпеливого коня И навесеим поля пустые, Леса, недавно столь густые, И берег, милый для меня. Je glisse dans la neige du matin Et je me livre à la course sans fin Du fougueux cheval, ami agréable, Et nous ne croisons qu’un champ vide et nu, Les bois, il y a peu, étaient bien touffus Et la belle rive m’était agréable. 1829 Александр Пушкин Alexandre Pouchkine 1. Le masculin, utilisé par Pouchkine, est adressé à une femme.

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Les enluminures du Livres de Kells
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Les enluminures du Livres de Kells

Un atelier d’enluminure autour du livres de Kells, ou Grand Évangéliaire de Saint Colomban, a permis de faire à nos élèves de faire une pause à la croisée de l'art plastique, de l'histoire, des langues et des ressources naturelles disponibles pour illustrer la Foi dans le Christ. Dans ce cadre, elles ont pu se confronter à du parchemin véritable et pigments naturels préparés avec de l’œuf et de la sève d’arbre fruitier pour y reproduire un motif. Cette plongée créative dans Livre de Kells a été explicité pour les plus grandes par le film d'animation de Brendan et le secret de Kells. Les élèves ont donc eu un contact actif avec ces témoignages d'une implication intime d'artiste de différentes périodes et arts dans la contemplation de la nature. Autant d'invitations pour une intériorisation de sa propre perceptions personnelle du monde et son environnement !

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La Seconde Guerre mondiale - Front soviétique
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La Seconde Guerre mondiale - Front soviétique

Pour illustrer la Seconde Guerre mondiale, nous avons pris le chant russe Katiouchka qui montre les répercussions de la guerre vécues sur un mode féminin dans un arrière lointain. Écrite en 1938 (Isakovski/Blanter), cette chanson devient, durant la « Grande Guerre patriotique » (Seconde Guerre mondiale pour les Soviétique), un véritable chant de marche et de mémoire : sur une rive escarpée, au milieu des pommiers et poiriers en fleurs, dans la brume et l’air du soir, une jeune fille chante pour celui qu’elle aime, parti garder la frontière. La nature printanière y déploie sa douceur, mais elle n’endort pas : elle porte le message, elle garde le lien, elle maintient l’espérance quand l’aimé est au front. Le contraste entre la beauté paisible du paysage et la dureté de la guerre fait naître une nostalgie droite, sans faiblesse, où l’amour devient fidélité. On note même que ce symbole s’est prolongé dans l’imaginaire collectif, jusqu’au surnom « Katioucha » donné aux lance-roquettes soviétiques — signe que la poésie peut être saisie et retournée par l’histoire. Ainsi, cette chanson apprend à lire comment, en temps de guerre, la nature peut être à la fois refuge intérieur, souvenir du pays, et force morale. https://www.youtube.com/watch?v=rnt-7MWxb8M&list=RDrnt-7MWxb8M&start_radio=1

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Les fleurs du soleil
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Les fleurs du soleil

Par un simple mot de botanique, les élèves entrent dans l’intelligence des langues, découvrent l’héritage grec et apprennent que le vocabulaire porte en lui une mémoire, une culture, une vision du monde. Le tournesol, cette plante majestueuse qui orne nos campagnes, appartient à la famille savante des hélianthes, c'est à dire les fleurs du soleil. Ce nom, d'une noble expression, est un composé du grec ancien ἥλιος (hêlios), le soleil, et ἄνθος (anthos), la fleur. Cette expression dessinent ainsi le portrait d'une « fleur solaire ». Le terme populaire « tournesol » évoque le phénomène d’héliotropisme : il traduit l'image de la plante se tourne vers le soleil. Le terme savant « hélianthe », héritage de l'antiquité grecque, élève notre regard vers une réalité plus haute : celle d'une créature définie par sa relation à l'astre du jour. D'autant plus que chez les Grecs, Hélios est aussi une principe de vie : le soleil n’est pas seulement un astre : il est lumière, vie, ordre du monde. Cette dimension symbolique éclaire le choix du nom : appeler une fleur « fleur du soleil », c’est reconnaître en elle une orientation vers la lumière.

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Souvenir de jeunesse...
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Souvenir de jeunesse...

En complément à notre corpus documentaire "Récits d'enfance et de jeunesse", nous avons écouter le poème d'Anjela Duval mis en musique "Karantez vro" (L'amour du pays). Ce dernier nous permettant d'entendre de manière lyrique que le jeunesse est un espace-temps de prise de décisions pouvant orienter toute une vie. https://youtu.be/ZH2yj3cdRIc?si=Uf2RHmOabp5QxOz4 Karantez vro (L'amour du pays) est un poème breton d'Anjela Duval (1905-1981) mis en musique par Véronique Autret du groupe Gwalarn. Le poème raconte la blessure de jeunesse au cœur d'une femme qui n'a pas voulu quitter sa Basse-Bretagne pour suivre le marin qu'elle aimait. Lui aimait « les villes, les mers profondes, les pays lointains » alors qu'elle préférait les campagnes de son pays. Traduction : Dans un coin de mon cœur il y a une cicatrice que je porte depuis ma jeunesse. Parce que malheureusement celui que j'aimais n'aimait pas ce que j'aimais. Lui n'aimait que les villes, les mers profondes, les pays lointains et je n'aimais que les campagnes, les campagnes si belles de ma Basse-Bretagne. Il a fallu choisir entre deux amours, l'amour du pays, l'amour de l'être aimé. J'ai consacré ma vie à mon pays et laissé partir celui que j'aimais. Depuis je ne l'ai plus jamais revu, jamais entendu parlé de lui. La cicatrice dans mon cœur est restée il n'aimait pas ce que j'aime. Chacun doit suivre son Destin, Telle est la loi en ce monde Certes mon cœur fut meurtri mais il n'aimait pas ce que j'aime. A lui la richesse , les honneurs ; A moi pauvreté et mépris. Mais je ne troquerais pour nul trésor, Mon pays, ma langue et ma liberté.

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